Il y a quelques années, mon père, malade, a passé une semaine dans un spa à Piestany (Slovaquie), tandis que ma mère parcourait la campagne à la recherche de son patrimoine culturel. Après une séance matinale, qui comprenait une série de bains chauds et froids, des massages intensifs et l'absorption d'eau sulfurée, mon père s'est senti assez revigoré pour aller faire une marche. Tôt épuisé, il a téléphoné au spa, craignant un problème de santé.
« Irresponsable que vous êtes! lui a lancé la thérapeute, irritée. C'est un traitement sérieux. Vous devriez être au lit ! »
Ayant bien noté les différences culturelles, mon père a suivi les consignes et s'est vite mieux porté. À ce jour, il décrit cette expérience comme l'une de ses plus belles aventures de voyage et, sûrement, comme le moyen le plus agréable de se battre pour rester en bonne santé. Même si les balnéothérapeutes slovaques ne sont pas faciles à trouver au Canada, plusieurs des traitements qu'il a reçus à l'étranger sont offerts au pays. Les pratiques internationales de balnéothérapie ont un langage universel, celui du mieux-être physique et mental.
La beauté de la chose, c'est que, même si les coutumes varient d'un pays à l'autre (on utilise du savon noir marocain dans les hammams turcs et on fait des frictions aux infusions de curcuma dans les thermes javanais), il n'est plus nécessaire de se promener en jet pour profiter de ces traitements agréables et curatifs. Une commande en ligne par ici, un spa maison bien équipé par là, et vous voilà prêt à faire le tour du monde dans votre baignoire.
Japon
Enfoncez-vous bien dans les eaux d'un
onsen (source thermale chaude) japonais ou d'un sento (établissement de bains), et vous pratiquerez une ancienne forme de purification et de guérison. Le premier onsen est apparu en l'an 737 de notre ère, et les effets curatifs de ses eaux minérales continuent d'attirer une foule de touristes. Le sento, ou bain public, est par contre une activité quotidienne, mi-bain, mi-désintoxiquant pour la peau, généralement pratiquée de nos jours par les Japonais de la vieille génération. Il perd en popularité au profit des bains maison. Mais nombre de Japonais insistent encore sur l'importance du « rapprochement » qu'apporte le sento, croyant que la proximité physique mène à une plus grande intimité émotionnelle. La New-Yorkaise Leslie Traulsen avait pris l'habitude de fréquenter un sento chaque semaine quand elle habitait au Japon. « C'était formidable pour la peau, soutient-elle. Si vous aviez de la chance, une dame plus âgée vous offrait de vous frotter le dos. »
L'expérience d'un sento est assez simple. Après s'être déshabillés (mieux vaut laisser sa pudeur à la porte), les visiteurs se frottent d'abord de la tête aux pieds à côté d'un robinet. On se rince ensuite avec un petit seau (laisser couler le robinet est considéré comme du gaspillage), puis on va se tremper dans les bains chauds et froids. L'alternance des deux stimule la peau, car l'eau extrêmement chaude, qui monte habituellement jusqu'au cou, soulage les muscles endoloris. Puisque les onsens, grandes zones de bains souvent rattachées à une auberge ou à un centre de villégiature, ont l'avantage de fournir les minéraux propres aux sources chaudes naturelles, ils ont encore plus d'effets relaxants.
À la maison
La plupart des épiceries japonaises vendent des sels de bain onsen, essentiellement un mélange de sulfite de sodium nettoyant et de bicarbonate de soude qui favorise la circulation et réchauffe la peau. Les cuves profondes à la japonaise dans lesquelles on se laisse tremper jusqu'au cou permettent de prendre un authentique bain sento à la maison, mais une baignoire normale fera l'affaire si vous vous y enfoncez bien. Prenez une douche froide et un bain chaud en alternance. On dit que les baigneurs expérimentés comptent jusqu'à cent pendant qu'ils prennent un bain chaud, font ensuite un tour dans le bain froid puis reviennent dans le bain chaud. Montrez votre courage: n'est-ce pas vous qui sautiez dans la neige après le spa ?
Turquie
Comme le sento japonais, le hammam a toujours été une expérience sociale. Lieux de rencontre traditionnels des femmes, les hammams comportent trois salles anciennes, chacune étant plus saturée de vapeur que la précédente et toutes chauffées par des fours à bois. Les femmes se lavent avec un riche savon noir marocain, appelé
beldi, qui a la consistance du miel, tout en se frottant avec un
kiss (gant de crin) pour favoriser l'exfoliation. Elles se font des shampoings dans la première salle, profitant de l'occasion pour discuter des mariages à venir, des maris grincheux, des enfants rebelles et du programme de la soirée.
Après être passées dans la deuxième et la troisième salle, les femmes s'étendent sur les planchers de marbre frais et se massent mutuellement ou embauchent une
tayeba pour apaiser les courbatures. Le savon rend la peau soyeuse, tandis que la chaleur et la conversation remontent le moral.
À la maison
Jouez aux femmes turques avec des amies. Substituez une douche de vapeur aux salles d'un hammam (trouvez-en une localement dans Internet) et frottez-vous tour à tour avec du savon marocain à l'huile d'olive (avec un louffa exfoliant pour un authentique gommage). Vous trouverez tout le nécessaire sur le site
beautyhabit.com. Recherchez des produits comme le savon noir et les gants de gommage du fameux hammam parisien Les Bains du Marais. Ensuite, régalez-vous de thé à la menthe et de loukoums... en plus des commérages de la journée.